Marie-Henri Beyle, dit Stendhal, fait figure de classique sein de la culture française, ainsi que du panorama littéraire européen. Il est devenu célèbre grâce aux romans Le Rouge et le noir (1830) et La Chartreuse de Parme (1839), deux chefs-d’œuvre où des personnages romanesques aspirent à des objectifs élevés, presque inatteignables. Les caractères y sont définis d’une manière scrupuleuse : leurs traits physiques et psychologiques, leurs comportements, leur position au sein de la classe sociale, leurs idéaux, leur recherche constante pour se réaliser dans le monde. Stendhal accompagne le lecteur dans un parcours, parfois catastrophique, au sein de la vie d’un personnage. Mais si les deux romans cités présentent des héros fictifs, dont les modèles existèrent réellement, Stendhal a également voulu se faire le porteur de la chronique des événements de son temps. Voilà pourquoi il a écrit des vies des individus qui ont caractérisé son vécu, parmi lesquels nous trouvons le musicien italien Gioachino Rossini. Après deux voyages en Italie, Stendhal écrit la Vie de Rossini, « ce grand artiste, ici est en même temps un homme charmant (...) cent fois plus d’esprit que Goldoni » . Après avoir servi comme lieutenant dans l’armée bonapartiste, il commémore Napoléon en lui dédiant un ouvrage, Vie de Napoléon, qui ne sera publié qu’en 1876. Et pendant ce temps, Stendhal essaie de laisser pour la postérité aussi les fragments de sa vie, mais en utilisant un pseudonyme. Ainsi naît Vie de Henri Brulard, avec l’objectif de « scruter son propre cœur et [à se] connaitre soi-même » . Mais qu’entendons-nous par "vie” ? Elles sont le récit oral ou écrit d’un individu sur son existence, axé sur les événements et les expériences qui ont façonné qui il est. C’est une façon de partager des souvenirs, des émotions et des leçons de vie « Écrire des vies » écrit Pierre Michon : « c’est inventer l’existence de gens qui ont existé pourtant, qui ont eu un état civil, c’est redoubler l’illusion réaliste, l’effet de réel » . Et Stendhal, chroniqueur et précurseur du mouvement réaliste, se lance dans l’écriture de ce genre. Mais, comme souligné par Jean Prévost « Pour écrire une vie, il faut un mort : c’est le premier principe du métier de biographe » . Stendhal a donc déjà manqué à ce principe en ébauchant une Vie de Napoléon, au moment où son héros était en exil à Sainte-Hélène. Rossini n’avait que trente-deux ans quand fut écrite sa vie. Henry Brulard n’est pas une personne réelle, mais le nom fictif sous lequel Stendhal écrit son autobiographie. Alors est-ce que les vies servent à témoigner des événements vécus par des personnages réellement connus ou derrière les pages de mémoires de ces hommes célèbres se cache-t-il quelque chose de plus ?
Marie-Henri Beyle, dit Stendhal, fait figure de classique sein de la culture française, ainsi que du panorama littéraire européen. Il est devenu célèbre grâce aux romans Le Rouge et le noir (1830) et La Chartreuse de Parme (1839), deux chefs-d’œuvre où des personnages romanesques aspirent à des objectifs élevés, presque inatteignables. Les caractères y sont définis d’une manière scrupuleuse : leurs traits physiques et psychologiques, leurs comportements, leur position au sein de la classe sociale, leurs idéaux, leur recherche constante pour se réaliser dans le monde. Stendhal accompagne le lecteur dans un parcours, parfois catastrophique, au sein de la vie d’un personnage. Mais si les deux romans cités présentent des héros fictifs, dont les modèles existèrent réellement, Stendhal a également voulu se faire le porteur de la chronique des événements de son temps. Voilà pourquoi il a écrit des vies des individus qui ont caractérisé son vécu, parmi lesquels nous trouvons le musicien italien Gioachino Rossini. Après deux voyages en Italie, Stendhal écrit la Vie de Rossini, « ce grand artiste, ici est en même temps un homme charmant (...) cent fois plus d’esprit que Goldoni » . Après avoir servi comme lieutenant dans l’armée bonapartiste, il commémore Napoléon en lui dédiant un ouvrage, Vie de Napoléon, qui ne sera publié qu’en 1876. Et pendant ce temps, Stendhal essaie de laisser pour la postérité aussi les fragments de sa vie, mais en utilisant un pseudonyme. Ainsi naît Vie de Henri Brulard, avec l’objectif de « scruter son propre cœur et [à se] connaitre soi-même » . Mais qu’entendons-nous par "vie” ? Elles sont le récit oral ou écrit d’un individu sur son existence, axé sur les événements et les expériences qui ont façonné qui il est. C’est une façon de partager des souvenirs, des émotions et des leçons de vie « Écrire des vies » écrit Pierre Michon : « c’est inventer l’existence de gens qui ont existé pourtant, qui ont eu un état civil, c’est redoubler l’illusion réaliste, l’effet de réel » . Et Stendhal, chroniqueur et précurseur du mouvement réaliste, se lance dans l’écriture de ce genre. Mais, comme souligné par Jean Prévost « Pour écrire une vie, il faut un mort : c’est le premier principe du métier de biographe » . Stendhal a donc déjà manqué à ce principe en ébauchant une Vie de Napoléon, au moment où son héros était en exil à Sainte-Hélène. Rossini n’avait que trente-deux ans quand fut écrite sa vie. Henry Brulard n’est pas une personne réelle, mais le nom fictif sous lequel Stendhal écrit son autobiographie. Alors est-ce que les vies servent à témoigner des événements vécus par des personnages réellement connus ou derrière les pages de mémoires de ces hommes célèbres se cache-t-il quelque chose de plus ?
Du genre des vies à l’autobiographie : Le rôle de Stendhal dans Vie de Rossini, Vie de Napoléon et Vie d’Henri Brulard
MICHELUTTI, ALESSIA
2024/2025
Abstract
Marie-Henri Beyle, dit Stendhal, fait figure de classique sein de la culture française, ainsi que du panorama littéraire européen. Il est devenu célèbre grâce aux romans Le Rouge et le noir (1830) et La Chartreuse de Parme (1839), deux chefs-d’œuvre où des personnages romanesques aspirent à des objectifs élevés, presque inatteignables. Les caractères y sont définis d’une manière scrupuleuse : leurs traits physiques et psychologiques, leurs comportements, leur position au sein de la classe sociale, leurs idéaux, leur recherche constante pour se réaliser dans le monde. Stendhal accompagne le lecteur dans un parcours, parfois catastrophique, au sein de la vie d’un personnage. Mais si les deux romans cités présentent des héros fictifs, dont les modèles existèrent réellement, Stendhal a également voulu se faire le porteur de la chronique des événements de son temps. Voilà pourquoi il a écrit des vies des individus qui ont caractérisé son vécu, parmi lesquels nous trouvons le musicien italien Gioachino Rossini. Après deux voyages en Italie, Stendhal écrit la Vie de Rossini, « ce grand artiste, ici est en même temps un homme charmant (...) cent fois plus d’esprit que Goldoni » . Après avoir servi comme lieutenant dans l’armée bonapartiste, il commémore Napoléon en lui dédiant un ouvrage, Vie de Napoléon, qui ne sera publié qu’en 1876. Et pendant ce temps, Stendhal essaie de laisser pour la postérité aussi les fragments de sa vie, mais en utilisant un pseudonyme. Ainsi naît Vie de Henri Brulard, avec l’objectif de « scruter son propre cœur et [à se] connaitre soi-même » . Mais qu’entendons-nous par "vie” ? Elles sont le récit oral ou écrit d’un individu sur son existence, axé sur les événements et les expériences qui ont façonné qui il est. C’est une façon de partager des souvenirs, des émotions et des leçons de vie « Écrire des vies » écrit Pierre Michon : « c’est inventer l’existence de gens qui ont existé pourtant, qui ont eu un état civil, c’est redoubler l’illusion réaliste, l’effet de réel » . Et Stendhal, chroniqueur et précurseur du mouvement réaliste, se lance dans l’écriture de ce genre. Mais, comme souligné par Jean Prévost « Pour écrire une vie, il faut un mort : c’est le premier principe du métier de biographe » . Stendhal a donc déjà manqué à ce principe en ébauchant une Vie de Napoléon, au moment où son héros était en exil à Sainte-Hélène. Rossini n’avait que trente-deux ans quand fut écrite sa vie. Henry Brulard n’est pas une personne réelle, mais le nom fictif sous lequel Stendhal écrit son autobiographie. Alors est-ce que les vies servent à témoigner des événements vécus par des personnages réellement connus ou derrière les pages de mémoires de ces hommes célèbres se cache-t-il quelque chose de plus ?| File | Dimensione | Formato | |
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https://hdl.handle.net/20.500.14247/27605